Les 4 As: Silas

Série: Les 4 As des Actes des apôtres

Série de quatre messages sur les As du Nouveau Testament. Ces messages ont été délivrés à Paris-Nation, l'Eglise d'Alain Choiquier. Celui-ci aborde la vie exemplaire des ces 4 As des Actes des apôtres : Ananias, Barnabas, Silas et Epaphras

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Texte

Les " 4 As "(3)

Silas

Étude donnée à Paris-Nation

Nous poursuivons nos études sur ces As des Actes des Apôtres et nous en arrivons à Silas. Pour ceux qui n'étaient pas des nôtres hier soir nous avons parlé d'Ananias, c'est lui qui conduisit Saul de Tarse à Jésus-Christ puis nous avons parlé de Barnabas qui a pris en main cet homme, qui a été conduit par Ananias, c'était le second As. Nous parlons d'un troisième As ce soir du nom de Silas.

Cet homme apparaît pour la première fois dans les Actes des Apôtres au cours d'un débat aussi animé que passionné sur l'observation de la Loi en même temps que sur la circoncision des païens au sein de l'église d'Antioche. Il apparaît au cours de la première crise qui a secoué l'église d'Antioche de Syrie (parce qu'il y a eu plusieurs Antioche). Antioche que Barnabas avait visitée de la part de l'église de Jérusalem, a été une église très prospère, et voilà qu'en Actes chapitre 15, cette église d'Antioche qui a été une église missionnaire magnifique, connaît une crise plus profonde qui a même risqué de la faire disparaître : il y a des crises dans les églises qui sont des situations critiques pouvant conduire jusqu'à la disparition des églises.

Il est donc question de Silas en Actes 15 pour la première fois. Tout à coup cet homme sort de l'ombre et nous allons lire à partir du verset 22 ce qui est dit à son sujet pour tenter de nous replacer dans le contexte historique et géographique :

Alors il parut bon aux apôtres et aux anciens, et à toute l'Église, de choisir parmi eux et d'envoyer à Antioche, avec Paul et Barnabas, Jude appelé Barsabas et Silas, hommes considérés entre les frères. Il les chargèrent d'une lettre ainsi conçue :

Les apôtres, les anciens, et les frères aux frères d'entre les païens, qui sont à Antioche, en Syrie, et en Cilicie, salut !

Ayant appris que quelques hommes partis de chez nous, et auxquels nous n'avions donné aucun ordre, vous ont troublés par leur discours et ont ébranlé vos âmes, nous avons jugé à propos, après nous être réunis tous ensemble, de choisir des délégués et de vous les envoyer avec nos bien-aimés Barnabas et Paul, ces hommes qui ont exposé leur vie pour le nom de notre Seigneur Jésus- Christ. Nous avons donc envoyé Jude et Silas, qui vous annonceront de leur bouche les mêmes choses, Car il a paru bon au Saint-Esprit et à nous de ne vous imposer d'autre charge que ce qui est nécessaire, savoir de, vous abstenir des viandes sacrifiées aux idoles, du sang, des animaux étouffés, et de la débauche, choses contre lesquelles vous vous trouverez bien de vous tenir en garde.

Puis nous continuons du verset 30 au verset 41 :

Eux donc, ayant pris congé de l'Église, allèrent à Antioche, où ils remirent la lettre à la multitude assemblée. Après l'avoir lue, les frères furent réjouis de l'encouragement qu'elle leur apportait. Jude et Silas, qui étaient eux-mêmes prophètes, les exhortèrent et les fortifièrent par plusieurs discours.

Au bout de quelque temps, les frères les laissèrent en paix retourner vers ceux qui les avaient envoyés. Toutefois, Silas trouva bon de rester. Paul et Barnabas demeurèrent à Antioche, enseignant et annonçant avec plusieurs autres la bonne nouvelle de la parole du Seigneur.

Quelques jours s'écoulèrent après lesquels Paul dit à Barnabas : Retournons voir les frères dans toutes les villes où nous avons annoncé la parole du Seigneur, pour voir en quel état ils sont.

Barnabas voulait emmener aussi Jean, surnommé Marc ; mais Paul jugea plus convenable de ne pas prendre avec eux celui qui les avait quittés depuis la Pamphylie, et qui ne les avait point accompagnés dans leur œuvre. Ce dissentiment fut assez vif pour qu'ils se séparent l'un de l'autre, et Barnabas prenant Marc avec lui, s'embarqua pour l'île de Chypre. Paul choisit Silas, et partit, recommandé par les frères à la grâce du Seigneur. Il parcourut la Syrie et la Cilicie, fortifiant les Églises.

J'aimerais dire quelques mots sur les textes qui précèdent ceux que nous venons de lire. A la fin du chapitre 14 des Actes, c'est le retour de Paul et de Barnabas de la première tournée missionnaire. Ils sont donc à Antioche au terme de cette tournée, ils retrouvent les leurs, mais ils trouvent aussi une église en difficulté. Antioche, pendant l'absence de Paul et Barnabas, était passée par toutes sortes de difficultés, et des problèmes avaient surgi au sein de cette église.

Paul et Barnabas avaient donc tenté de résoudre les problèmes qu'ils avaient rencontrés dans leur propre église, dans cette église qui les avait envoyés dans cette tournée missionnaire, mais il semble que tous leurs efforts n'avaient pas été concluants et ils avaient alors décidé, avec les frères de cette église d'Antioche, d'en appeler à l'Église de Jérusalem pour régler de manière définitive certaines de ces questions qu'ils avaient affrontées au sein de cette Église.

Barnabas et Paul avaient donc décidé de se rendre à Jérusalem. De quels problèmes s'agissait-il ? Il s'agissait de savoir si les païens, qui se convertissaient en grand nombre à Antioche, devaient se soumettre à la Loi, devaient se faire circoncire, devaient devenir des prosélytes comme on avait l'habitude d'en faire avant même la venue du Christ au sein d'Israël. Vous savez qu'il a existé des missionnaires sortis d'Israël, partis des régions étrangères pour tenter d'en faire des prosélytes. Fallait-il donc soumettre ces païens à la loi de Moïse d'une manière générale ? Alors, après un débat assez vif, Paul et Barnabas s'étaient sentis dépassés par les événements. Ils en avaient donc appelé, avec les frères, au Conseil des Anciens et des frères de l'église de Jérusalem.

Une fois à Jérusalem, ils exposèrent la situation ; après les avoir entendus, Pierre intervint le premier, expliquant que lui-même s’étant également rendu en terre païenne, avait vu la grâce de Dieu sur des populations de Gentils et qu'il ne fallait pas mettre ces Gentils sous la loi de Moïse. Après Pierre, c'est Jacques qui intervint, Jacques qui, sans conteste, était pratiquement le patron à Jérusalem, et qui, lui aussi avait abondé dans ce sens en affirmant qu’il ne fallait pas que les païens deviennent, en quelque sorte, des Juifs selon la Loi, qu'il fallait leur éviter de porter les fardeaux portés par les Juifs avant la venue du Christ. Puis l'Assemblée délibéra, on décida de faire accompagner Paul et Barnabas de deux hommes dont l'un s'appelait Silas. On se demande pourquoi ces deux hommes étaient nécessaires à Paul et Barnabas, cette équipe qui faisait déjà autorité. Déjà, ils avaient eu l'occasion, à Antioche comme à Jérusalem, de faire part de leurs expériences de la première tournée missionnaire, on peut se demander la raison de la présence de deux autres hommes avec eux pour faire le poids et rétablir une situation difficile. Paul et Barnabas ne faisaient-ils pas le poids à eux deux dans cette situation ? Très certainement non !

Nous pouvons le comprendre de cette manière : partis de l'église pendant pas mal de temps, d’une part, certainement dans cette église comme c'est le cas dans les nôtres, un certain renouvellement au niveau de l'effectif s'était-il opéré, et d'autre part, pendant leur absence, s'était-il mis en place aussi un certain nombre de nouveaux responsables que ces deux frères, alors éloignés de cette église, n'avaient pas connus, ou encore, ces deux frères, agissant à distance, ne faisaient plus partie de l'autorité de l'Église ; on les sent quand même dépassés par les événements pour en appeler à l'église de Jérusalem, et cette église considère qu'il serait sage de les faire accompagner de deux autres hommes dont les noms sont cités : un certain Jude du nom de Barsabas et puis Silas.

Cette église de Jérusalem confie même la lettre, non pas à Paul et à Barnabas, mais à ces deux hommes en même temps que la lecture de cette lettre, et il semble que Paul et Barnabas aient laissé faire ces hommes. Nous ne le sentons pas tellement au niveau d'une lecture en français mais si nous lisons au niveau du grec, nous sentons davantage la retenue de Paul et de Barnabas et la mise en avant de Silas et de Jude que l'on perçoit quand même à partir du verset 30 :

Eux donc, ayant pris congé de l'Église, allèrent à Antioche, où ils remirent la lettre à la multitude assemblée. Après l'avoir lue, les frères furent réjouis de l'encouragement qu'elle leur apportait. Jude et Silas (pas Paul et Barnabas) qui étaient eux-mêmes prophètes (ce sont eux qui ont réglé le problème) les exhortèrent et les fortifièrent par plusieurs discours. En d'autres termes, c'est Jude et Silas qui ont rétabli la situation de l'église d'Antioche.

Voyons ce qu'il est dit à propos de Silas. De ce dénommé Jude, on ne sait pas grand-chose, il apparaît là puis disparaît ensuite, tandis que pour ce qui est de Silas, certaines épîtres font allusion à lui.

Je dois, pour commencer, vous dire que Silas est de temps à autre appelé Silvain et que Silvain est une romanisation du nom Saul : il portait le même prénom que Saul de Tarse. Les noms Silas et Saul sont assez apparentés en grec. Et Silvain est une romanisation du nom Silas, aussi, toutes les fois que vous rencontrez Silvain dans le Nouveau Testament, c'est le même homme, le même individu.

En Actes 15/22, il est signalé de cet homme en même temps que de Jude qu'ils étaient des hommes éminents parmi les frères à Jérusalem. Cela, c’est la version synodale qui le signale. J'ai consulté plusieurs versions parce que je dois dire qu'il est assez difficile de rendre exactement ce que dit le texte original. La version Segond donne des hommes considérés, nous l'avons lu tout à l'heure. Darby présente des hommes qui prenaient la première place à Jérusalem. La version Darby est la version qui a le souci de rendre le texte original tel quel. Parfois cette version est très ardue, elle est compliquée mais elle nous tient très proche du texte original et c'est très important. Il nous faut l'avoir dans notre panoplie de Bibles, tout comme il nous faut avoir la Bible catholique, la Synodale, la Segond, les versions modernes. Il est bon d'avoir une série de Bibles afin de pouvoir appréhender la pensée profonde d'un texte, d'un verset. Personnellement je fais assez confiance à la version Darby qui traduit de façon assez littérale.



Il s'agissait donc, pour Silas comme pour Jude, d'éminentes figures de cette église de Jérusalem, des hommes estimés, considérés, des chefs écoutés et appréciés, mais ils ne faisaient pas partie du cercle des apôtres. Ils étaient donc des chefs.

En 2 Corinthiens 1/19, l'apôtre Paul fait allusion à Silvain : Le Fils de Dieu, Jésus Christ, qui a été prêché par nous au milieu de vous, par moi, par Silvain et par Timothée, n'a pas été oui et non, mais c'est oui qui a été en Lui. Et du même coup, Paul parle de Silvain – de Silas – comme d'un évangéliste : en effet, il a été un évangéliste, un remarquable évangéliste, il en avait le don. En Actes 15/32, on parle de lui comme d'un prophète ayant le ministère de la parole. Ce n'était pas n'importe qui, ce Silas, et vous n'êtes certainement pas sans savoir que le don de prophétie fait partie des meilleurs dons. 1 Corinthiens 12/31 : Aspirez aux dons les meilleurs, à celui de prophétie en particulier. Seulement il est bon d'être au clair quant à la signification de ce don, et aussi quant à la nature de ce ministère. Quand nous parlons d'être prophète, généralement nous pensons toujours à l'avenir qui est annoncé, mais ce n'est pas systématique. Les prophètes, même de l'Ancien Testament, bien qu'ils aient de temps en temps fait entendre des prédictions, ont surtout été envoyés de Dieu pour reprendre, encourager, exhorter, ramener à Dieu, ramener Israël dans la bonne direction. Pas systématiquement pour prédire l'avenir  ! Une définition très exacte du don de prophète est donnée dans 1 Corinthiens 14/1 : Recherchez l'amour. Aspirez aux dons spirituels, mais surtout à celui de prophétie.

Verset 3 : Celui qui prophétise, au contraire, parle aux hommes, les édifie, les exhorte, les console. Celui qui parle en langue s'édifie lui-même ; celui qui prophétise édifie l'Église. Je désire que vous parliez tous en langue, mais encore plus que vous prophétisiez. Celui qui prophétise est plus grand que celui qui parle en langues, à moins que ce dernier n'interprète pour que l'Église en reçoive de l'édification.

A propos de prophétie, il est mis l'accent sur l'édification, sur l'exhortation et sur l'encouragement en même temps que la consolation parce que tout cela marche ensemble, mais il n'est pas du tout question de prédiction ou d'annonce de l'avenir, de ce qui va se passer dans un avenir proche ou lointain. Ici la prophétie consiste dans une exhortation, une consolation, un encouragement, c'est cela prophétiser, il faut le retenir parce que couramment, ceci échappe et donne ainsi lieu à toutes sortes d'égarements et de spéculations qui trompent.

Le prophète c'est d'abord celui qui encourage, qui exhorte, qui console, qui édifie. Soulignez ce terme : édifie.

C'est très exactement ce qu'a fait Silas à Antioche : il a encouragé, il a exhorté, il a consolé même, regardez en Actes 15/30 :

Eux donc, ayant pris congé de l'Église, allèrent à Antioche, où ils remirent la lettre à la multitude assemblée. Après l'avoir lue, les frères furent réjouis de l'encouragement qu'elle leur apportait. Jude et Silas, qui étaient eux-mêmes prophètes, les exhortèrent et les fortifièrent par plusieurs discours.

Prophétiser c'est encourager, et puis Jude et Silas ont exercé largement leur ministère avant de prendre congé de cette église encore que Silas ait décidé, pour finir, de rester à Antioche.

Cet homme, parmi les premiers à Jérusalem, éminent évangéliste, prophète de surcroît. Vous savez, quand on creuse la vie de certains personnages dont la Bible parle de manière très sobre, on s'aperçoit que Dieu fait toujours Son travail au moyen d'instruments qu'Il a préparés, qu'Il a vraiment formés Lui-même. Silas était un homme véritablement formé par Dieu, un homme de Dieu et puis, ce qui caractérise Silas aussi, c'est qu'il a été l'homme des situations difficiles, il a été envoyé pour régler un problème excessivement délicat, pas n'importe quel problème, un problème beaucoup plus aigu que le problème d'Antioche quand Barnabas a été envoyé à Antioche. Nous disions que Barnabas a été envoyé à Antioche à la suite de nouvelles qui arrivaient de cette ville-là, faisant savoir que des païens se convertissaient et que des évangélistes qui n'étaient pas issus de Jérusalem, mais venus d'autres régions du monde, de Chypre, de Cyrène aussi, des évangélistes absolument inconnus de ceux de Jérusalem, prêchaient eux aussi l'Évangile et conduisaient des hommes et des femmes à Jésus-Christ : cela avait inquiété l'Église qui avait décidé de déléguer Barnabas là-bas. Mais le problème était moins aigu que celui que devait régler Silas à propos de judaïser. Parce qu'il faut savoir que Pierre était tombé dans le piège, ainsi que Barnabas. Lisons en Galates quelques versets concernant ce problème, d'ailleurs Paul fait allusion dans cette épître au problème soulevé en Actes 15.

Nous lisons donc en Galates 2, versets 11 à 14 :

Mais lorsque Céphas vint à Antioche, je lui résistai en face, parce qu'il était répréhensible. En effet, avant l'arrivée de quelques personnes envoyées par Jacques, il mangeait avec les païens ; et, quand elles furent venues, il s'esquiva et se tint à l'écart, par crainte des circoncis. Avec lui les autres Juifs usèrent aussi de dissimulation, en sorte que Barnabas même fut entraîné par crainte des circoncis. Voyant qu'ils ne marchaient pas droit selon la vérité de l'Évangile, je dis à Céphas, en présence de tous : Si toi qui es Juif, tu vis à la manière des païens et non à la manière des Juifs, pourquoi forces-tu les païens à judaïser ?

Il est donc clair ici que Paul fait référence au problème d'Actes 15. Qu'est-ce qui nous l'affirme au fond ? Simplement parce qu'il parle de Jacques, de personnes envoyées par Jacques et il parle de circoncision. Or reprenons Actes 15/4 : Arrivés à Jérusalem, ils furent reçus par l'Église, les apôtres et les anciens, et ils racontèrent tout ce que Dieu avait fait avec eux. Alors quelques-uns du parti des Pharisiens qui avaient cru, se levèrent en disant qu'il fallait circoncire les païens et exiger l'observation de la loi de Moïse. C'est à cet événement-là que Paul fait allusion quand il écrit aux Galates et surtout quand il parle de personnes envoyées par Jacques. Jacques était le patron à Jérusalem, le patron des patrons. L'apôtre parmi les apôtres, c'est lui qui dominait la situation.

C'est donc Jacques qui, pour finir, a tenu le dernier des discours en Actes 15 et qui avait suggéré l'envoi de délégués avec une lettre. Paul fait allusion à ces envoyés par Jacques. Mais ce que ne dit pas Actes 15, c'est que Pierre, lui aussi, s'était rendu à Antioche. En Actes 15, il n'était pas question de Céphas dont il est fait mention en Galates 2, mais il semble que Pierre se soit rendu à Antioche de sa propre initiative ou envoyé, lui aussi après coup, par l'église de Jérusalem. On ne sait pas mais peut-être même est-il allé là-bas avant l'arrivée des délégués officiels parce que Paul écrit que, avant l'arrivée de Jude et de Silas, Pierre avait versé du côté des païens et dès que les délégués de l'église de Jérusalem étaient arrivés, il avait abandonné les païens pour verser du côté des circoncis, des Juifs : en somme, il avait donc louvoyé. La situation était excessivement difficile, Barnabas lui-même avait été éclaboussé puisque l'apôtre en parle au verset 13 : Avec Pierre, les autres Juifs usèrent aussi de dissimulation, en sorte que Barnabas même fut entraîné par leur hypocrisie. Barnabas ne savait pas, lui aussi, de quel côté basculer, il était assez hésitant. Pierre avait louvoyé, et quant à Paul, c'était évident pour lui : on ne devait pas mettre les païens qui se convertissaient sous le joug de la Loi et des traditions de Moïse, par contre, ce n'était pas si clair que cela pour Pierre et pour Barnabas, ou peut-être avaient-ils été influencés par des Juifs éminents qui s'étaient convertis mais qui étaient persuadés que les païens devaient se faire circoncire.

Tout ceci nous parle des difficultés qui avaient régné dans cette église d'Antioche, non seulement entre Paul et Barnabas, mais entre Paul et Pierre, et il semble même que Barnabas ait pris le parti de Pierre pendant un temps, tout ceci ayant eu pour témoin silencieux ce dénommé Silas.

Moi, ce qui me souffle dans toutes ces choses, c'est ce silence de Silas et je puis vous dire qu'il n'y a pas de racine commune entre Silas et silence ! Ce silence de Silas, ce silencieux témoin de toutes ces crises… Silas, je le disais précédemment, a été l'homme des situations difficiles auquel il a été beaucoup demandé pour régler le problème de la circoncision et des païens qui se convertissaient déjà et puis aussi le problème entre Paul et Barnabas, et entre Paul et Pierre puisqu'il s'était agi toujours de ce même problème de la circoncision et de la Loi à Antioche à cause de Juifs qui n'avaient pas été d'ailleurs délégués par Jérusalem, qui venaient de Jérusalem pour semer le trouble à Antioche.

Reprenons Actes 15 un verset qui va nous éclairer à cet égard, le verset 24 : Ayant appris (ceci représente les premiers termes de la lettre envoyée par Jacques et les frères de Jérusalem à l'église d'Antioche) que quelques hommes partis de chez nous, et auxquels nous n'avions donné aucun ordre, vous ont troublés... Il y avait eu donc des chrétiens de l'église de Jérusalem qui s'étaient rendus à Antioche, je ne sais pas jusqu'où l’on pourrait dire que Pierre a été dans le coup puisqu'il a été trouvé à Antioche en train de verser vers les païens avant de verser vers les Juifs à l'arrivée des délégués… Des personnes qui n'avaient reçu aucun ordre de chez nous et qui ont semé le trouble chez vous et qui vous ont ébranlés. Et c'est ce genre de choses-là que Silas devait rétablir ! Mission donc très délicate, mission ardue ! Il fallait que ce frère soit réellement un homme de Dieu, rempli de sagesse, de douceur, d'autorité et ce n'est pas n'importe quel quidam qui fut envoyé et si les frères de Jérusalem avaient pris la décision d'envoyer Silas (et Jude bien sûr, mais en particulier Silas, parce que Jude, après cette question et ces problèmes, est reparti dans l'ombre tandis que Silas, il en est question plus loin dans les Actes comme dans les épîtres), si donc, à Jérusalem, on avait décidé de déléguer un homme comme Silas, c'est parce que l'on savait que cet homme était celui des situations critiques, difficiles, quelqu'un qui avait vraiment ce don de Dieu pour régler les problèmes aigus dans les églises.

Ne trouvez-vous pas que nous avons besoin de ce genre d'homme pour régler certaines situations dans les églises ? Il y a des situations entre frères et sœurs qui sont inextricables. Si on peut dire que Silas, avec Paul, a appris que la prison fait chanter (il a chanté en prison avec Paul à Philippes), Silas a aussi appris, et là nous devons l'apprendre, que la persécution par les païens fait chanter, eh bien parfois, les chrétiens font pleurer !

Silas a eu fort à faire et d'autres aussi avec lui, à Antioche. Et c'est à des frères et sœurs qu'il avait eu à faire à Antioche, pas avec des inconvertis. Pour commencer, il avait un sérieux problème à résoudre et c'est à eux, à lui en particulier en même temps qu'à Jude, qu'avait été confiée cette tâche très délicate de rétablir la situation de l'église d'Antioche. Moi je crois que j'aurais refusé cette mission. Quand on a affaire à des bonhommes comme Pierre ! Parce que, quand Silas et Judas (Jude c'est Judas, c'est le même nom, mais ce n'est pas le Judas qui s'est pendu, il n'est pas ressuscité ! ) sont arrivés là, ils ont trouvé Pierre en place, c'est Paul qui l'écrit en Galates 2/11. Pierre qui louvoyait, qui chahutait, qui était lui aussi dans les décors. (Je vous passe un argument à propos de l'infaillibilité papale parce qu'il parait qu'il a été le premier pape mais il s'est trompé, là…). Paul l'a repris et c'est lui qui a eu raison de cette dispute à propos de l'attitude de Pierre à Antioche.

On comprend que peut-être ceci avait ajouté au problème entre Paul et Barnabas, ce problème de judaïsés parce que Barnabas avait été entraîné par Pierre, Paul l'écrit. Il avait versé dans la judaïsation des païens, on n'invente rien, c'est écrit. Imaginez alors le travail de Silas qui devait rétablir cette situation-là, cet homme qui a dû certainement parler à Pierre, qui a dû parler à Barnabas. D'ailleurs, regardez le verset 34 du chapitre 15 des Actes : Toutefois Silas trouva bon de rester à Antioche. Parce qu'il savait que la situation n'était pas encore réglée, qu'il y avait dissension entre Pierre et Paul, qu'il y avait dissension entre Barnabas et Paul. Un homme des situations critiques, un homme de Dieu pour les régler et Dieu a confié à certains de Ses serviteurs ce don de conduire des situations difficiles vers de vrais dénouements. Il arrive très souvent que l'Église porte des problèmes dont elle n'arrive pas à sortir, il arrive parfois que l'Église traîne des problèmes pendant des années. Ces problèmes finissent par user les églises, ces problèmes finissent par faire baisser les bras des responsables des Églises, on n'en arrive pas à bout et il me semble que nous devrions demander à Dieu des Silas capables de régler ces situations. Silas a rétabli la situation avec Jude et il avait, en face de lui, des hommes absolument éminents. Mais je crois que c'est avec énormément de sagesse, de tact, d'autorité (il était aussi prophète), d'exhortation et d'édification que les choses se sont remises en place.

Et puis, tout de même, ce Silas non seulement s’est rendu à Antioche mais a été aussi, avec Paul au cours du deuxième voyage missionnaire, le témoin officiel de la décision des frères de Jérusalem, des apôtres de Jérusalem. Il était donc porteur, comme dit le texte original grec, d'un "dogma", c'est le terme employé ici en Actes 15, c'est-à-dire d'une décision prise par l'église de Jérusalem . Il a manifestement joué un rôle très important et il me semble que c'est pour cela, en partie, que Paul l'a choisi comme équipier pour le second voyage missionnaire. Il était donc porteur d'un mandat de la part des frères de Jérusalem et puis, à le voir au travail à Antioche, réglant les problèmes difficiles, délicats, rencontrant les uns, les autres, prêchant, édifiant, enseignant, exhortant, encourageant, il me semble que Paul a dû mesurer l'envergure de cet homme et penser : " Celui-là je ne vais pas le laisser tomber, il me sera certainement très utile ! " et c'est ainsi que Paul fut amené à faire le choix de Silas pour ce deuxième voyage missionnaire.

Il semble aussi que cet homme avait un certain flair. Pourquoi Jude, après avoir été littéralement congédié (le terme employé ici, c'est congédié par l'église d'Antioche, mais congédié pacifiquement, selon l'expression utilisée : Après avoir été congédié en paix), retourna-t-il à Jérusalem tandis que Silas avait décidé de rester ? Il avait décidé que la situation n'était pas encore tout à fait réglée surtout entre Barnabas et Paul et en effet, quelque temps après, il y a eu cette discussion à propos de Marc, Marc qui avait été du premier voyage missionnaire mais qui, en cours de route, avait abandonné. Barnabas avait décidé de reprendre Marc pour le deuxième voyage missionnaire avec Paul mais Paul s'était opposé à cela et ceci avait alimenté une dispute qui avait atteint, si l’on se réfère au texte grec original, un "paroxysme ", et Silas était là, c'était un autre problème entre deux personnalités. On comprend que Barnabas ait voulu reprendre Marc qui était son cousin, ils étaient parents. La question se pose : à qui donnez-vous raison dans cette histoire ? Qui pense que Barnabas a eu raison de donner une nouvelle chance à ce Marc qui avait démissionné une première fois ? Qui pense que c'est Paul qui avait eu raison ? Qui pense que Paul et Barnabas ont eu raison tous les deux ? Là je suis d'accord avec vous parce que je crois que la sévérité de Paul a été une leçon pour Marc, je crois que Paul a eu raison et a pris la bonne attitude que vous savez, il fallait que Marc soit un peu secoué. Quand on prend Actes 12, on le suppose issu d'une famille aisée puisque membre d'une famille dans laquelle il y avait au moins une servante nommée Rhode et peut-être que la vie avec Paul, très inconfortable, ne lui avait pas réussi, dans un premier temps. Or, quand on veut servir le Seigneur, on doit aller jusqu'au sacrifice de notre vie. Paul voyant que Marc avait donc failli dans un premier temps, on comprend qu'il ait hésité à le reprendre, la vie étant déjà dure et s'il faut encore être abandonné par des équipiers en cours de route, cela n'est pas facile  ! On comprend l'attitude sévère de l'apôtre Paul et je crois qu'il a eu raison, de la part de Dieu, d'adopter cette sévérité à l'égard de Marc.

Mais on peut dire que Barnabas a eu raison également de lui donner une nouvelle chance, donc ils ont adopté ensemble deux attitudes complémentaires qui ont aidé Marc à repartir et Marc en effet est reparti.

Tout cela Silas l'a vu, l'a observé de manière silencieuse, a prié certainement et pour finir, a accepté de faire équipe avec Paul parce que Paul était celui qui refusait vraiment de judaïser. Paul avait vraiment saisi que, pour ce qui était de la Loi, c'était terminé. La nouvelle économie était celle de la grâce, et il ne fallait plus faire des païens des Juifs, mais simplement les amener au Seigneur et qu'ils deviennent des chrétiens, pas des Juifs. Silas avait eu pour mandat d'expliquer tout cela à l'église d'Antioche, avait certainement réussi dans sa mission et je pense, avait bien accepté de faire équipe avec Paul parce qu'il se sentait certainement plus proche de Paul que de Pierre ou que de Barnabas, étant donné que Pierre et Barnabas avaient judaïsé et louvoyé pendant un certain temps.

Mais ce Silas, ayant rencontré Pierre à Antioche, ne s'était pas enfermé lui non plus dans une opinion définitive sur Pierre, qu'il avait vraisemblablement eu en face de lui. C'est Paul qui rapporte cela en Galates 2/11 etc. Il ne s'était pas enfermé dans une opinion définitive sur Pierre parce que, tout à coup, il est fait mention de ce Silvain (Silas) par Pierre lui-même en 1 Pierre 5/12, où l'on retrouve Silvain à Babylone en équipe avec Pierre.

Je trouve cela extraordinaire ! Des hommes de Dieu qui s'accrochent sur des points précis, qui divergent au plan de leurs opinions personnelles mais qui ne perdent pas le contact, qui continuent de travailler ensemble. C'était le cas de Paul et Barnabas, ils se sont séparés formant deux équipes, mais ils avaient enterré la hache de guerre, et Paul, après ce désaccord avec Barnabas, a parlé de Barnabas dans de très bons termes en 1 Corinthiens 9/6 et dans d'autres lettres. J'apprécie beaucoup cela et voilà qui explique le pourquoi de la bénédiction de Dieu sur ces hommes. Il se fait souvent qu’il y ait une dispute coupant court à toute communication entre hommes de Dieu, qui se boudent ensuite, s'évitent et c'est cela qui fait du mal, surtout lorsqu'on est serviteurs de Dieu, même quand on ne l'est pas, parce que nous sommes tous serviteurs à plein temps, on sert tous le Seigneur, on est appelés à Le servir.

On retrouve Silas avec Pierre et pourtant Silas avait eu Pierre face à lui dans un problème excessivement délicat. Alors nous comprenons que Silas avait accepté la proposition de Paul de l'accompagner dans le second voyage missionnaire. Auriez-vous accepté de faire équipe avec Paul ? Ce n'était pas un homme facile ! Qui aurait accepté d'accompagner Paul, de suivre la discipline de Paul, le rythme de Paul, la vie de Paul ? Moi je reste à Corbeil ! Personnellement j'apprécie Silas, qui était un homme capable de se soumettre, c'est ce qui expliquait son succès dans les crises à résoudre. Quand on apprend à se soumettre, on aide à la résolution des crises. L'église de Jérusalem décide d'envoyer ce Silas car elle avait discerné chez lui certaines capacités, certains dons, cette aptitude, cette capacité à résoudre des problèmes délicats. L’église de Jérusalem décide donc de l'envoyer, il accepte, il est soumis. Sincèrement, moi j’aurais refusé, le problème était trop délicat, trop épineux et puis avoir en face de moi Pierre qui avait vécu trois ans avec le Seigneur... Mais Silas y est allé. Soumission, un homme soumis. Ensuite Paul lui ordonne : " Tu viens avec moi ", soumission, parce que c'est Paul qui donnait les ordres.

Regardez un texte en Actes 17/15, Paul donnait les ordres, c'était le patron de l'équipe missionnaire : Ceux qui accompagnaient Paul le conduisirent jusqu'à Athènes. Puis ils s'en retournèrent, chargés de transmettre à Silas et à Timothée l'ordre de le rejoindre au plus tôt. Il fallait donc se soumettre à cet homme, il fallait accepter ce qu'il était dans son caractère, dans son tempérament, quelle fougue ! Et puis aussi quelle sommité intellectuelle, il ne faut pas oublier que Paul était un Pharisien, il parle de lui comme ayant été parmi la crème des hommes en Israël et puis ensuite il lance : " Tout ce qui faisait de moi quelqu'un, je l'ai considéré comme de la boue. " Marcher, faire équipe avec une telle sommité au plan intellectuel, un véritable théologien !…

Ensuite, un apôtre, un homme de Dieu remarquable, animé vraiment du feu sacré, rempli du Saint Esprit, qui accomplissait des choses absolument fantastiques, accompagner un tel homme, franchement, il y avait de quoi faire des complexes ! Eh bien Silas a été un homme soumis, il est vraiment le serviteur qui a su se soumettre et qui, de cette manière-là, a pu aider des hommes de Dieu en difficulté. Quand Pierre est à Babylone, Silvain (Silas) est avec lui. Silvain se met au service de Pierre et joue le secrétaire parce que Pierre écrit : Je vous écris cette lettre par Silvain. Pierre a pris Silvain comme secrétaire, Silas comme secrétaire et là encore, Silas n'a pas cherché à dominer Pierre qui l'avait, dans une certaine mesure, rappelé à la raison à Antioche. C'était un homme qui avait appris la soumission et qui marchait dans la soumission. Dieu a besoin de ce genre d'homme de Dieu dans l'Église, pour aider à trouver des solutions à des crises.

Qui parle de soumission parle aussi d'humilité, d'obéissance, voilà ce qui caractérisait cet homme : soumis, humble, obéissant.

Paul savait qu'il était apôtre. Lorsqu'il écrivait ses lettres il commençait : Paul apôtre de Jésus-Christ, par la volonté de Dieu etc. C'était le patron incontestablement. La Bible dit ceci, Paul l'a écrit : Dieu a donné à l'Église des apôtres et Silas n'était pas apôtre, il était prophète, il venait en second car Paul écrit ceci : Dieu a donné à l'Église premièrement des apôtres, deuxièmement des prophètes. Je pense que Silas s'est senti accusé, il faisait équipe avec Paul. Premièrement, des apôtres, je suis le patron. Deuxièmement, des prophètes, Silas donc en avant. Silas avait accepté, voilà ce qui me fait aussi croire que c'est un homme qui avait vraiment appris la soumission, qui honorait le Seigneur et Le glorifiait à la place où Dieu l'avait voulu, ce qui était important. Ce n'est pas de tenter d'imiter les apôtres et les grands hommes de Dieu ; Silas, bien que son nom s'apparentât à celui de Saul, aurait pu dire à Saul : " Écoute, on a le même nom, descends un peu de ton piédestal ! " Non, il n'a pas dit cela, il avait simplement accepté la place que Dieu voulait pour lui et il est très difficile souvent au chrétien d'accepter simplement la place que Dieu a prévue pour lui. On regarde vers un Billy Graham, tous voudraient devenir un Billy Graham, je vous dis franchement que je ne voudrais pas être à sa place. Quand Billy Graham, à la fin d'un congrès, nous a fait quelques révélations sur sa vie personnelle, sur les difficultés rencontrées, j'ai songé : " Merci Seigneur je ne suis pas Billy Graham, gloire Te soit rendue ! "

C'est vrai, chacun doit être à sa place, Billy Graham doit être à la sienne, tel autre serviteur doit être à la sienne, il ne faut pas essayer de singer les autres et essayer de les bousculer pour prendre leur place. Ceci nous est difficile, j'ai eu des problèmes souvent à cet égard pour rester à la place où Dieu me veut, que Dieu a pour moi, dans le chemin que Dieu a pour moi, dans la soumission, sans regarder aux autres, sans les envier, encore que l'on me dise parfois que certains m'envient, ils ne savent pas ce qui se passe dans ma vie. Il faut que chacun soit à sa place, à la place où Dieu le veut. C'est de cette manière-là que l'on est en paix, que l'on sert Dieu humblement et qu'on est apprécié de Dieu et qu'on reçoit même de Dieu un bon témoignage. C'est quelque chose que de recevoir de Dieu un bon témoignage, ce n'est pas le témoignage des hommes, encore qu'il doit compter c'est clair, mais c'est surtout le témoignage de Dieu.

Et puis, quand on pense à ce Silas, qui était parmi les premiers à Jérusalem : quitter sa place, donc, puisqu'il avait décidé de ne pas rentrer, pour se retrouver en prison avec Paul, pour affronter des situations excessivement difficiles, pour ne plus être un chef à Jérusalem, pour descendre au fond, c'était quand même quelque chose, pour être le compagnon de Paul, en second bien sûr, voilà encore qui parle de l'humilité de cet homme et le fait d'avoir voulu accompagner Paul manifestait qu'il avait une vision missionnaire, il avait à cœur les païens, car vous savez que c'est pour les païens qu'il est allé à Antioche régler le problème, en leur indiquant : " Non on ne veut pas vous faire porter de joug, convertissez-vous, soyez des chrétiens, pas des Juifs. " Il avait certainement le fardeau des païens, c'est ce qui explique encore qu'il a accepté d'accompagner Paul dans la deuxième tournée missionnaire, au risque de sa vie. Voilà un homme qui était donc prêt à mourir pour Christ. Et puis aussi ce n'était pas une mince affaire que de partager les longs voyages de Paul, les fatigues, les souffrances, comme les joies bien sûr. Nous parlions tout à l'heure de la prison etc. Et ce qui est aussi remarquable chez cet homme, c'est qu'à un certain moment, il n'est plus dans l'équipe de Paul et à partir d'Actes 18/5, c'est la dernière fois qu'il est fait mention de lui dans le livre des Actes des Apôtres lorsque Silas et Timothée ont rejoint Paul à Corinthe.

Cet homme a tout à coup disparu, a quitté Paul, mais nous pouvons nous poser la question : que s'est-il passé pour que Silas ait disparu de l'équipe ?

1 Corinthiens 1/12 laisse entendre que Pierre (Céphas), lui, faisait ses tournées et qu'il s'était retrouvé à Corinthe :

Je veux dire que chacun de vous parle ainsi : " Moi, je suis de Paul ! et moi, d'Apollos ! et moi, de Céphas ! et moi de Christ !

Je le rappelle, c'est à partir de là qu'il n'est plus fait mention de Silas dans l'équipe de Paul. Il est tout à coup fait mention de Céphas (Pierre) à Corinthe, mais vous comprenez que l'on n'aurait jamais parlé de Corinthe, une ville païenne, on n'aurait jamais parlé de Céphas s'il ne s'était pas rendu dans cette ville. Il était même arrivé à Corinthe que certains des Corinthiens convertis se disaient eux, de Céphas, d'autres de Paul et d'autres d'Apollos, or on sait qu'un certain Apollos avait été à Corinthe (Actes 18/24), un certain Apollos qui avait été rencontré par Aquilas et Priscille, qui prêchait et avait été corrigé par Aquilas et Priscille. A Corinthe, on se divisait au sein de l'église, moi je suis de Paul, or Paul était passé à Corinthe, moi je suis d'Apollos, Apollos était passé à Corinthe, mais d'autres disaient : moi je suis de Céphas, tout un groupe, c'était donc que Céphas était aussi passé à Corinthe. Alors on comprend que les chemins de Pierre et de Paul s'étaient croisés et qu‘à ce moment-là, Silas avait quitté Paul pour faire équipe avec Pierre. Et c'est comme cela que l'on peut comprendre qu'alors Pierre ait parlé de Silvain depuis Babylone dans les termes tout à fait élogieux suivants : Silvain un frère fidèle à mes yeux. Voilà comment Pierre parle de Silvain, Silas que l'on retrouve à Babylone. Silas ne s'était pas enfermé dans une opinion définitive sur Pierre qui judaïsait mais il avait même accepté de servir Pierre et de le servir comme secrétaire et équipier à la fois.

Voilà donc ce qui est relaté à propos de cet homme, Silas, et j'ajouterai en conclusion, que nous retiendrons ce que Pierre dit de cet homme : Un frère fidèle. On voit Silas à Jérusalem, on le voit à Antioche, on le voit dans un voyage missionnaire avec Paul, on le voit ensuite dans un voyage missionnaire avec Pierre, c'est un homme fidèle. Qu'est-ce que la fidélité ? La qualité de qui reste constant, de qui ne change pas. La fidélité, c'est aussi une persévérance, quelqu'un qui est fidèle est quelqu'un qui tient ses engagements et Dieu a besoin de serviteurs qui soient fidèles, il est tellement facile de s'emballer pour Christ au départ, on en a vu qui se sont emballés, et puis, un an plus tard, il n'y a plus personne, on se demande ce qu'ils sont devenus et ces personnes-là pendant un temps ont bousculé tout le monde dans l'Église : " Vous ne bougez pas, vous ne remuez pas etc. ! "

Dieu aime la fidélité, Il l'apprécie, cette persévérance, cette constance, et puis dans le terme de fidélité, il y a une idée d'attachement. Silas était un homme fidèle. Pourquoi insister sur ce fait ? A Antioche il aurait pu dire : " Écoutez, moi je claque la porte, des hommes de Dieu se disputent, moi je m'en vais ! Si vous, Paul et Barnabas, des hommes très en vue, qui avez servi à Jérusalem, qui êtes apôtres, vous vous disputez, moi je ne suis pas apôtre, je claque la porte ! "

C'est ce que l'on m'a dit hier au téléphone, on m'a interrogé ainsi :

Que fait Dieu ? Je me suis donné à Lui et maintenant je suis au chômage depuis trois mois. Je Le prie tous les jours.

Monsieur, fréquentez-vous une église ?

Non !

Pourquoi cela ?

Parce que j'ai vu des frères qui se disputaient, alors je ne peux plus supporter l'Église.

Vous avez tort, vous avez besoin de l'Église. Trouvez une église et soyez fidèle. Sinon vous connaîtrez des problèmes et vous vous casserez la figure.

Mais il y a des frères qui s'affrontent.

Aimez-les, ces frères !

Je n'ai pas parlé de Silas qui a vu des hommes éminents se disputer mais il n'a pas claqué la porte en disant si des apôtres se disputent ce n'est plus la peine de continuer, cela ne vaut pas la peine. Il aurait pu se décourager. Non ! il est resté fidèle. Le fait de voir des chrétiens qui s'accrochent ne doit pas nous porter au découragement, ne doit pas même nous donner de les juger ni de les critiquer. Ce qui me plaît chez Silas, c'est qu'à Antioche il n'a pas pris parti. Il est parti avec Paul il est vrai, pas avec Barnabas, parce que Barnabas avait choisi son cousin, Marc, mais il n'empêche qu'il n'avait pas pris parti. Et ce Pierre qu'il avait certainement dû reprendre pour régler le problème des judaïsants, il a accepté de se soumettre à lui et de devenir son secrétaire. Voilà des hommes de Dieu et Gloire à Dieu pour des hommes comme Silas.

Que Dieu suscite parmi nous des Silas comme j'ai déjà dit à propos d'Ananias, que Dieu suscite des Ananias, que Dieu suscite des Barnabas, eh bien qu'Il suscite aussi des Silas !