L'église 2: sa maturation, son extension

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L'Église (3) : implantation, croissance, maturation, multiplication.

(Message donné à Nation le 27/11/1994)

Cette étude se situe dans le droit fil de celle qui concernait récemment l'extension de l'Église, avec une approche toutefois plus technique.

Nous avons parlé du corps de Christ en mettant l'accent sur la nécessité que chacun et chacune puisse y trouver sa place et son rôle afin que ce corps soit en bonne santé et toujours opérationnel.

Ce matin, nous parlerons plus spécialement de l'extension de l'Église dans la perspective d'une nouvelle Église à Vincennes, Dieu voulant, en 1996. Alors à ce titre, il est important de savoir que l'Église a vocation de se multiplier : sa multiplication s'opère la plupart du temps par division, mais une division qui se passe dans l'harmonie et non pas dans la cassure ou dans les conflits.

Que trouvons-nous dans les Saintes Écritures, dans le Nouveau Testament en particulier bien entendu, au sujet de la création de l'Église et sa multiplication ensuite ?

Premièrement, implantation : il faut implanter une Église.

Une fois celle-ci implantée, cette Église doit croître, deuxième point. Et croître jusqu'à sa maturation ou jusqu'à sa maturité ; une fois majeure, cette Église se multiplie.

Je répète ce schéma : implantation, croissance, maturation, multiplication.

Et quand les choses se déroulent ainsi, alors l'Église manifeste réellement qu'elle est dans les voies du Seigneur et qu'elle est en bonne santé.

Sur un plan spirituel, nous disions aussi que l'Église entretient avec son époux, le Seigneur son chef, une relation de couple, et si elle entretient cette relation, c'est précisément dans un but de procréation spirituelle : de nouvelles Églises devraient sortir d'elle. On constate que si le quatrième point (dans ce schéma, celui de la multiplication) n'est pas observé, les Églises finissent par perdre leur teint frais, leur bonne santé spirituelle : elles entrent dans une stagnation spirituelle comme parvenues aux lauriers qu'elles ont visé, pour s'installer enfin et ne pas voir plus loin que leur clocher. Il n'y a rien de plus dangereux que cela ! Ceci, en tout cas, ne se vérifie jamais dans le Nouveau Testament.

L'Église doit se multiplier et procréer.

Maintenant, de quelle façon l'Église doit-elle envisager une extension comme c'est votre cas, à Vincennes, Dieu voulant, dans moins de deux ans ?

A partir de textes très connus comme Matthieu 18 à partir du verset 19 au verset 22. C'est Jésus qui parle.

Je vous le dis encore, si deux d'entre vous s'accordent sur la terre pour demander une chose quelconque, elle leur sera accordée par mon Père qui est dans les cieux. Car là où deux ou trois sont assemblés en mon nom, je suis au milieu d'eux.

Il s'agit donc d'envisager, là où le Seigneur conduit, une cellule de ce type, laquelle peut commencer d'exister à partir de deux ou trois, en l'occurrence à Vincennes par exemple, soit dans une famille habitant le secteur, soit dans une salle si famille il n'y avait pas. Mais c'est à partir de deux ou trois que la promesse de la présence de Christ est assurée pour pouvoir aller plus loin. Deux ou trois ne représentent pas encore l'Église, mais un embryon d'Église, et ceci pour plusieurs raisons. Parce qu'une Église établie est une Église pourvue d'Anciens, de diacres et de diaconesses. Une Église est autre chose qu'une cellule, mais celle-ci donne le coup d'envoi à l'Église potentielle. Et nous constatons tout au long du Nouveau Testament, et surtout dans le livre des Actes des Apôtres, que toutes les Églises ont toujours vu le jour de cette façon-là. D'abord une cellule dans une maison. C'est le Seigneur qui, toujours dans Ses enseignements, a parlé de la manière de lancer l'Église. Vous savez que du temps du Seigneur sur la terre, l'Église n'existait pas encore. Elle a commencé d'exister à la Pentecôte car elle ne pouvait pas exister sans le Saint Esprit. Mais le Seigneur Lui a dit comment elle pourrait démarrer, et ce faisant, Il a lancé l'idée du point de chute d'une nouvelle Église. Il est important que nous réfléchissions jusqu'au bout en Matthieu 10 verset 5 : Tels sont les douze que Jésus envoya, après leur avoir donné les instructions suivantes : N'allez pas vers les païens et n'entrez pas dans les villes des Samaritains (c'était la consigne donnée à l'époque), allez plutôt vers les brebis perdues (vers les perdus donc) de la maison d'Israël. Allez, prêchez, et dites : " Le royaume des cieux est proche. " Guérissez les malades, ressuscitez les morts, purifiez les lépreux, chassez les démons. Vous avez reçu gratuitement, donnez gratuitement.

Verset 11 : Dans quelque ville ou village que vous entriez, informez-vous s'il s'y trouve quelque homme digne de vous recevoir, et demeurez chez lui jusqu'à ce que vous partiez. En entrant dans la maison, saluez-la et si la maison en est digne, que votre paix vienne sur elle ; mais si elle n'en est pas digne, que votre paix retourne à vous. En fait, il s'agit-là de la façon dont il conviendrait de s'y prendre pour trouver un endroit où lancer une nouvelle communauté dans une famille, cet endroit que j'ai appelé le "point de chute".

Il est très important d'être conduits par le Seigneur pour un point de chute à Vincennes. Ceci devrait bien entendu relever ici de l'intercession fidèle de l'Église, en même temps qu'une recherche sérieuse dans ce sens de la part des responsables et de l'Église toute entière, désireuse de voir naître cette nouvelle Église là-bas. C'est le premier point : quelqu'un qui soit digne de recevoir des réunions chez lui, a indiqué Jésus. Quelqu'un qui soit digne de recevoir un embryon de chrétien qui pourrait devenir une Église potentielle.

Quelle bénédiction justement pour la famille qui s'ouvre dans ce sens ! Parce que Jésus dit que, là où vous allez entrer, eh bien dites : Que votre paix aille sur ceux qui vous reçoivent. C'est quand même déjà quelque chose ! Et il y a toujours eu bénédiction sur ces familles qui se sont ouvertes, ces maisons qui ont voulu recevoir un travail spirituel d'évangélisation, de prières, de témoignages. Imaginez que la chambre haute a été le premier endroit où la vraie cellule a été en fait lancée, et vous savez que la chambre haute n'est pas une salle de réunion, elle n'est pas du tout à confondre avec le Temple : la chambre haute faisait partie d'une maison et le Seigneur avait demandé à Pierre et Jean d'aller prospecter justement cette chambre haute auprès d'une personne qu'Il avait apparemment connue ou qui attendait le royaume de Dieu.

Lisons ces textes dans Luc au chapitre 22, à partir du verset 7, ils sont intéressants parce que c'est à partir de cette chambre haute, et nous pouvons même affirmer, c'est dans cette chambre haute que l'Église a vu le jour.

Le jour des pains sans levain où l'on devait immoler la Pâque, arriva, et Jésus envoya Pierre et Jean, en disant : Allez nous préparer la Pâque, afin que nous la mangions. (En fait, cette Pâque devait correspondre avec l'institution de la Sainte Cène, tout ceci dans une maison.) Ils lui dirent : Où (voilà une bonne question ! Ou alors de cette façon, pour ce qui est ici de Vincennes dans moins de deux ans : Seigneur où voudrais-Tu que nous commencions le travail ?) veux-tu que nous la préparions ? Il leur répondit : Voici, quand vous serez entrés dans la ville, vous rencontrerez un homme portant une cruche d'eau ; suivez-le dans la maison où il entrera, et vous direz au maître de la maison :Le Maître te dit : Où est le lieu où je mangerai la Pâque avec mes disciples ? Et il vous montrera une grande chambre haute, meublée : c'est là que vous préparerez la Pâque. Ils partirent et trouvèrent les choses comme Il le leur avait dit, et ils préparèrent la Pâque. La Pâque, rappelée bien entendu mais surtout l'institution de la Sainte Cène. Et nous savons que c'est dans cette même chambre haute que les disciples s'étaient retrouvés pour la Pentecôte et que précisément, l'Église pour la première fois avait vu le jour. C'est important cela ! La première Église avait vu le jour dans une maison.

Vous savez, les bâtiments d'Église n'ont commencé d'apparaître que bien après les premières générations d'Églises qui avaient été fondées ici et là. Bien entendu, il était prévisible d'en arriver aux salles de réunion et aux chapelles, parce que les dimensions des maisons ne suffisaient plus pour accueillir tous ceux qui se donnaient au Seigneur : on en trouve un exemple frappant avec l'Église de Jérusalem qui, au jour de la Pentecôte, avait réuni plus de trois mille personnes ! Il aurait fallu un stade ! Mais à la lecture d'Actes 2/46, nous découvrons que la fréquentation du temple n'avait pas été arrêtée : Ils étaient tous les jours assidus au temple où ils se rencontraient, tenaient des réunions de prière et surtout entendaient la Parole de Dieu. Le temple était un endroit où l'on entendait la Parole de Dieu et parallèlement aux réunions dans le temple, les croyants se réunissaient dans les maisons et persévéraient dans la fraction du pain dans les maisons. L'Église éclatait en cellules, sans doute énormément dans les maisons.

Ce schéma d'Église est difficilement réalisable de nos jours. Étant donné l'exiguïté et le coût élevé des appartements à Paris et aussi la difficulté de trouver des salles de réunion ou des chapelles capables de contenir des centaines de personnes ou des milliers comme ce fut le cas du temps de l'Église primitive, je pense que, Dieu aidant, nous pouvons garder une direction comme la nôtre depuis le début, inspirée et conduite par le Seigneur afin que d'autres Églises puissent voir le jour dans des régions où le témoignage évangélique manquait terriblement. Je crois donc qu'il nous faut aller dans cette direction-là, dans ce sens-là. En tout cas, la semaine dernière, je me trouvais dans une Église, celle de Laval, que j'avais commencé à fréquenter alors qu'elle se réunissait dans une famille, il y a sept, huit ans je pense. Mais le Seigneur ayant béni abondamment cette Église de Laval, ils ont dû acheter au bout de très peu de temps un local plus grand que le nôtre, l'appartement de la famille n'ayant plus suffi. Ils avaient réuni jusqu'à quarante personnes dans leur maison !

Quant aux points de chute nécessaires au commencement d'un travail d'évangélisation, nous les retrouvons constamment à la lecture des Actes des Apôtres, après la Pentecôte, dans la chambre haute. Au chapitre 2 au verset 46, ils rompaient le pain dans les maisons. Donc la fraction du pain, la Sainte Cène se faisait dans les maisons. Mais en plus de cela, en Actes 10, c'est un ami du nom de Corneille qui offrit sa maison pour des réunions chez lui, après avoir regroupé des parents, des amis intimes. Je lis donc Actes 10/24 : Ils arrivèrent à Césarée le jour suivant. C'est Pierre qu'on était allé chercher avec des gens que Corneille lui avait envoyés. Corneille les attendait et avait invité ses parents et ses amis intimes. Voilà le vrai boulot, voilà comment démarrer une cellule, une Église-maison et nous savons la suite : après que Pierre leur ait demandé " Pourquoi m'avez-vous envoyé chercher ? " Corneille alors lui avait rapporté son histoire et Pierre avait donc prêché là et il y eut une véritable visitation d'En-Haut. Voilà donc comment une Église pourrait démarrer à la limite si un foyer s'ouvrait de cette façon-là à Vincennes.

Nous avons un autre exemple en Actes 12/12, en pleine période de persécution, dans une autre maison, à Jérusalem cette fois, tandis que la maison de Corneille se situait à Césarée et Pierre demeurait à Joppé quand on avait décidé de l'envoyer chercher. A Jérusalem, il se tenait une réunion de maison, assez régulière apparemment, chez la mère de Jean. Une fois sorti de prison et du danger par la puissance de Dieu, Pierre, après avoir réfléchi, se dirigea vers la maison de Marie, mère de Jean, surnommé Marc, où beaucoup de personnes étaient réunies et priaient. C'était donc, là encore, l'exemple d'une famille qui avait ouvert ses portes pour des réunions de prière, certainement d'édification et disons d'enseignement. Autre famille qui s'ouvrit ensuite au cours du voyage missionnaire de l'apôtre, celle de Lydie, en Actes 16, lorsque le Seigneur l'eut attirée à Lui, verset 14. Le Seigneur lui ouvrit le cœur, pour qu'elle soit attentive à ce que disait Paul. Lorsqu'elle eut été baptisée avec sa famille, elle nous fit cette demande : Si vous me jugez fidèle au Seigneur, entrez dans ma maison et demeurez-y. Et elle nous pressa par ses instances. Nous savons que l'Église de Philippe avait connu ses tout-débuts dans la maison de Lydie et nous pouvons affirmer que c'est chez elle que la première Église d'Europe vit le jour, puisque sa maison se situait en Grèce, en Macédoine.

Et puis nous pourrions encore continuer en Actes 17/7 chez un certain Jason. Après avoir prêché dans cette ville et après avoir véritablement assisté à une moisson en quelques trois sabbats, Jason avait ouvert sa maison dans des temps de persécutions. Je vous conseille de de lire tous ces textes à partir du verset premier. Par ces paroles, ils émurent la foule et les magistrats qui ne laissèrent aller Jason et les autres qu'après avoir obtenu d'eux une caution. Jason avait reçu l'équipe apostolique chez lui afin de les entendre dans sa maison et ainsi de leur permettre d'y fonder un embryon d'Église ; nous savons ensuite que c'est à partir de là que l'Église de Thessalonique a vu le jour, celle-là même à laquelle l'apôtre écrivit deux lettres.

Actes 18/26 : L'Église de Corinthe prit racine chez Aquilas et Priscille. Il est question d'une maison qui s'ouvre pour la naissance d'une communauté.

Actes 20/20 : Il nous est dit que l'équipe apostolique prêchait publiquement et qu'elle prêchait aussi dans les maisons. Voici qui confère un fondement biblique à cette vision que le Seigneur nous met à cœur en envisageant une nouvelle communauté.

La famille, pourquoi la famille ? A la base de la société, la famille établit un contact pratiquement naturel avec d'autres familles autour d'elle et c'est le biais par lequel le Seigneur a agi à l'aube de l'Église pour étendre de façon si rapide le Royaume de Dieu. Or aujourd'hui, pour plusieurs raisons que nous n'avons pas le temps de passer en revue, les familles ne sont plus engagées comme c'était le cas précédemment. Mais n'oublions jamais que les familles chrétiennes sont des points de mire, qu'elles sont désirées par le Seigneur pour faire avancer Son règne et qu'elles ont été implantées ici et là par le Seigneur non pas par hasard, mais pour Lui rendre un témoignage très puissant.

A propos de ces familles à partir desquelles des Églises se sont constituées, vous constaterez qu'il s'agissait toutes les fois de gens pieux, craignant Dieu. Sinon ce n'est pas la peine d'ouvrir une maison ! Ce fut le cas à Jérusalem. Si Jérusalem connut une telle visitation d'En-Haut au jour de la Pentecôte, c'est précisément parce qu'il y avait là des gens pieux, craignant Dieu. Et pourquoi avons-nous tellement de peine en France à voir avancer l'Évangile ? Parce que les Français ne craignent plus Dieu ! Il n'y a presque plus de gens pieux en France ! Mais dès que nous rencontrons quelqu'un de pieux qui craint Dieu, même s'il n'est pas au Seigneur, alors le Seigneur le touche beaucoup plus facilement que quelqu'un qui a tout rejeté, Lui a tourné le dos, devenant à la limite une sorte d'ennemi de Dieu.

Prenons le cas par exemple des Thessaloniciens en Actes 16/13 : Le jour du sabbat, nous nous rendîmes hors de la porte, vers une rivière, où nous pensions que se trouvait un lieu de prière. Nous nous assîmes et nous parlâmes aux femmes qui étaient réunies. L'une d'elles, nommée Lydie, marchande de pourpre, de la ville de Thyatire, était une femme craignant Dieu. Où sont-ils ces gens-là ? Généralement quand on les rencontre, ils ont été préparés par le Seigneur pour recevoir sa parole. Mais cette Lydie, qui devait être une païenne, mais prosélyte, c'est-à-dire devenue croyante dans le judaïsme, avait été préparée par l'Ancien Testament à cette crainte de Dieu et à la réception du message de l'Évangile.

Actes 17 : Paul et Silas passèrent par Amphipolis et Apollonie, et ils arrivèrent à Thessalonique où les Juifs avaient une synagogue. Ceci laisse entendre qu'à Amphipolis et Apollonie ne se trouvait pas de synagogue. L'apôtre Paul "ciblait" surtout les synagogues. Paul y entra, selon sa coutume. Pendant trois sabbats, il discuta avec eux d'après les Écritures, expliquant et établissant que le Christ devait souffrir et ressusciter des morts. Et Jésus que je vous annonce, disait-il, c'est Lui qui est le Christ. Quelques-uns d'entre eux furent persuadés, et se joignirent à Paul et à Silas ainsi qu'une grande multitude de Grecs craignant Dieu, et beaucoup de femmes de qualité. Mais des Juifs jaloux, qui ne craignaient pas Dieu évidemment et n'avaient pour horizon que leur tradition, les avaient très sérieusement pris à partie. Faites une étude et vous verrez que là où des hommes et des femmes craignent réellement Dieu, il y a une action du Saint Esprit, un réveil. Et j'aime à l'enseigner, surtout dans les Instituts Bibliques et les Facultés de Théologie, afin que nous sachions que, du temps de l'Église primitive, c'est de cette façon-là que la conquête s'était faite.

Pourquoi les synagogues étaient-elles visées ? Parce que l'apôtre avait un lien avec ces Juifs : d'une part il était Juif comme ceux qu'il visitait, et puis, le Nouveau Testament n'existant pas, c'est à partir de textes de l'Ancien Testament qu'il voulait fonder la preuve que Celui qui était venu était vraiment le Christ.

L'apôtre et l'équipe apostolique avaient en commun avec tous ces Juifs l'Ancien Testament, les coutumes, les traditions et aussi tellement de choses ensemble qui pouvaient jouer dans le sens de la conversion des Juifs. Ce n'était pas couramment le cas, mais cela pouvait quand même aider dans cette voie.

De quoi ces synagogues pourraient-elles être le symbole ? Il y a 26 ans, lorsque le Seigneur a donné dans Sa grâce de créer cette Église, alors que nous frappions un jour aux portes lors d'un colportage, nous nous étions retrouvés chez des amis qui avaient été réellement déçus de leur Église d'origine, déçus par leur autorité ecclésiale dans leur Église d'origine : ils nous avaient reçus à bras ouverts pour nous demander ce que nous leur apportions, ce que nous prêchions etc. Certains ici les ont connus, il s'agit de Monsieur et Madame Picot, qui, en marge de toute Église, se réunissaient chez eux avec d'autres amis. En attendant quoi ? Ils ne le savaient pas. Et après nous avoir étudiés quant à notre doctrine et notre communion fraternelle, ils avaient décidé d'un commun accord de se joindre à nous. Ils n'habitaient pas très loin d'ici et peu après, ils s'étaient réjouis de constater qu'une Église voyait le jour dans ce quartier de la Nation, dans la ville de Paris. Voilà ce qui pourrait ressembler à une synagogue, il n'y a rien de péjoratif dans ce terme. Les synagogues avaient commencé d'exister sur le sol palestinien et même déjà, il y avait des rassemblements ; synagogue signifie en grec (pas en hébreu) "lieu de réunion". Lorsqu'ils avaient été déportés en Babylonie, les Juifs se rassemblaient dans des lieux que l'on prit l'habitude d'appeler synagogues, tout ce qui pouvait donc remplacer le culte au temple car il n'y avait plus eu de Temple. Mais de retour sur le sol de leurs ancêtres, les Juifs avaient continué de se réunir dans ces lieux, avec cette particularité qu'après la déportation sur le sol palestinien, on n'opérait aucun sacrifice dans une synagogue tandis qu'au Temple, oui. On pouvait en revanche y entendre la Loi, la Thora, la Parole de Dieu. A partir de ces synagogues destinées à prendre la place, à se substituer au Temple (qui pouvait alors réunir tant de monde), je crois nous pouvons fonder l'existence de petites communautés à multiplier.

La cellule ?… Dans quel but ? …

Ses avantages, ses inconvénients.

Il y a toujours des inconvénients aux avantages, c'est un peu le revers de la médaille ! Mais vous avez remarqué que, par exemple, en Matthieu 18 lorsque le Seigneur enseigna la première cellule, aussitôt après, qu'enseigna-t-Il ? Je vous le laisse deviner ! Nous avons donc lu Matthieu 18 versets 19 et 20, et de quoi est-il question au verset 21 ? De l'exercice du pardon. Mes amis, il n'est pas très évident de se retrouver chez quelqu'un, un petit nombre, où très vite l'on apprend à se connaître, avec nos très bons caractères, nos tendances particulières… Je me souviendrai toujours de l'époque où nous avons commencé ici ; nous étions cinq, de l'autre côté de l'avenue tout près du Printemps, au 33. Ne pensez pas que les problèmes dans un embryon d'Église commencent à jaillir à partir de cinquante personnes ! Nous étions cinq, tous issus d'horizons différents au plan ecclésial. Chez ceux qui nous avaient reçus, ce n'était pas la chambre haute mais la chambre basse ! Nous étions au rez-de-chaussée et Monsieur et Madame Pélissier habitaient au-dessus. Ils étaient anciennement à l'Armée du Salut dont ils avaient démissionné pour des raisons personnelles. Puis s'étaient ajoutés aussi d'autres amis, essentiellement venus des Gobelins, mais aussi d'Églises au loin comme d'Églises plus près. Et ce faisant, bien entendu, chacun avait sa façon de voir les choses pour commencer une nouvelle communauté. Je prends le cas de Monsieur Pélissier : dans la première salle que nous avions fréquentée, il y avait une chaire, une estrade, et juste à côté, le drapeau de l'Armée du Salut " Feu et Sang ". J'avais dit alors à l'ex-Sergent : " Nous ne sommes pas à l'Armée du Salut, je n'ai rien contre, mais il faudrait peut-être envisager d'enlever ce drapeau, surtout parce que ceux qui viendront pourraient nous confondre avec l'Armée du Salut ! " Il m'avait répondu : " Écoutez, je ne suis plus dans l'Armée du Salut avec mon épouse, mais ce drapeau restera là ! " Allez lutter avec cela !

Cela était devenu pour moi un sujet de prière au milieu de la toute petite équipe que nous formions, lorsqu'un jour, plusieurs mois plus tard, nous nous étions présentés pour une réunion et tout à coup le drapeau n'était plus là ! Et c'est le Sergent Pélissier qui l'avait enlevé ! Il faut compter sur le Seigneur pour qu'Il arrange les choses… Et si j'avais résisté au Sergent Pélissier ? Mais que de problèmes ! Déjà avant même de commencer, nous en aurions rencontré… Vous savez, nous ne sommes pas des petits saints. Voilà pourquoi, en parlant de la cellule, immédiatement après le Seigneur parle de pardon. Parce que, à nous frotter les uns aux autres, cela fait des étincelles ! Et vous saviez ce qui se passait au niveau de ces cinq ? Lorsque deux d'entre ces cinq se retrouvaient, de qui parlaient-ils ? Du troisième ! Et pas en bien la plupart du temps ! Si nous étions trois, nous parlions du quatrième et dès que nous étions quatre, du cinquième, inévitablement ! A cinq, il se passait une sorte de miracle parce que tous présents, plus personne n'osait parler, voyez un peu les hypocrites que nous étions ! Mais c'est pourtant ainsi que démarrent souvent les nouvelles Églises. C'est la raison pour laquelle il est immédiatement question du ministère de la miséricorde quand on veut lancer une nouvelle communauté dans une famille ou dans une salle destinée à recevoir les premiers.

En tout cas, ceci se situe dans la volonté de Dieu. Il faut faire naître des nouveaux serviteurs, des nouvelles servantes du Seigneur, des cellules destinées à déceler des charismes, des dons spirituels. Quand nous sommes trop nombreux, il y a véritablement difficulté à mettre en pratique des ministères, des dons spirituels, on se marche sur les pieds, on s'étouffe les uns les autres, tandis que lorsque l'on est un petit nombre… Au début, lorsque le Seigneur m'avait donné de démarrer Nation, c'est ici-même avec les premiers que nous avions tenté de former équipe dans l'intention de les voir grandir, et la plupart d'entre eux sont désormais serviteurs de Dieu ou prédicateur de l'Évangile, pasteur etc. Comme nous étions peu nombreux, l'occasion leur avait été offerte de manifester le charisme que Dieu leur avait confié. Ceci est très important. Je le répète, dans une grande assemblée, il est pour différentes raisons tellement difficile d'aller dans ce sens et dans un petit groupe, il y a aussi possibilité de partage et de communion bien plus aisément que dans un groupe important : on apprend réellement la communion fraternelle dans un petit groupe.

Il faut rappeler par ailleurs que la maison qui reçoit chez elle une cellule dans l'espoir de voir naître une nouvelle Église n'est pas automatiquement propriétaire de cette cellule. Bien que se situant dans une maison particulière, cette cellule demeure sous l'autorité de l'Église qui l'a lancée dans le but d'y établir réellement un témoignage. Ceci est important parce que des amis, persuadés qu'ayant vu le jour chez eux, l'Église leur appartenait, ont été amenés à agir de telle façon qu'après-coup, il y eut des problèmes tout à fait délicats à résoudre. Non ! absolument pas, l'autorité reste celle de l'Église-mère et cette Église-mère peut envisager de déléguer ses pouvoirs à un ou plusieurs frères dans le but de gérer cette cellule pour son implantation et sa croissance. Ceci est très important.

Cela dit, il a pu se faire dans le Nouveau Testament que des Églises aient vu le jour chez des chrétiens d'une certaine dimension spirituelle. Je prends Philémon, à Colosse : une Église se réunissait dans sa maison. Je pense qu'avec l'accord de l'apôtre Paul, Philémon était devenu, avec d'autres, le responsable de la communauté, pour sa bonne marche, mais tout ceci devant se faire avec l'assentiment de l'autorité établie de Dieu. Colosse est une Église qui est sortie de Philippes, non pas que l'Église de Philippes ait bâti celle de Colosse, certainement pas, mais il en eut un qui, à partir de Philippes et soutenu par Philippes, un certain Épaphrodite, avait été délégué jusqu'à Colosse pour lancer l'Église, peut-être chez Philémon. Enfin, la plupart du temps, nos commentateurs s'accordent à dire qu'il a été, lui, à l'origine de l'Église de Colosse : ce n'est pas l'apôtre Paul qui a bâti l'Église de Colosse (il a bâti l'Église de Philippes mais pas celle de Colosse), mais il n'en demeure pas moins que Colosse et même celle de Laodicée avaient "collé" à l'Église de Philippes : en effet, c'est en écrivant à l'Église de Philippes que l'apôtre Paul avait recommandé de saluer ces deux Églises qui avaient été certainement fondées par l'un de ses équipiers.

Retenons cela, l'existence d'une cellule n'exclut pas un leadership, c'est-à-dire quelqu'un qui, de par le Seigneur et de par l'autorité établie de Dieu dans l'Église-mère, supervise les situations, les dirige, soit seul soit auprès d'un collège de responsables, hommes et même femmes, afin qu'un ministère s'exerce vis-à-vis des femmes et des enfants présents au sein de cette famille et de la communauté qui démarre.

Pourquoi insister sur ce point ? Reprenons l'exemple du tout premier départ, ici à Nation : il devait y avoir un chef et ce fut moi-même, par la force des choses, puisque tous ceux qui m'entouraient au départ étaient de tout jeunes convertis. Gilbert Presle était encore "dans les langes" (excusez-moi de parler ainsi) et Claude Grandjean en était encore aux balbutiements ; il venait à peine de rencontrer le Seigneur à Strasbourg quand il vint habiter tout près d'ici. Donc je ne pouvais pas assurément partager des responsabilités importantes avec ces personnes avant de les avoir vues se former et se fonder solidement sur les Saintes Écritures. Mais aussitôt que cela fut possible, j'ai souhaité partager mes responsabilités avec ceux qui grandissaient dans le Seigneur, ceux qui se fortifiaient, et c'est de cette façon-là que Gilbert s'est justement formé, que Jean s'est formé, que Claude s'est formé, que Joseph s'est formé et que d'autres encore ont pris cette dimension que vous leur connaissez et qui sont devenus des hommes et des femmes de Dieu.

Pourquoi l'équipe et la cellule n'interdisent-elles pas un leadership ? Parce que Dieu est un Dieu d'ordre et non pas un Dieu de désordre d'une part, et il faut que celui qui est là à la tête d'une cellule soit réellement un homme de Dieu, connaissant la Parole de Dieu, soumis à Dieu en même temps que soumis à l'autorité de l'Église-mère qui lui a délégué ce pouvoir.

Nous voyons que dans la Sainte Trinité où le Père, le Fils et le Saint Esprit sont absolument égaux et qu'Il sont ensemble Dieu dans toute la dimension du terme, il existe tout de même un chef. Qui est-ce ? Le Père ! Et le Fils a accepté de se soumettre au Père. Il n'a pas regardé comme une proie à arracher d'être égal à son Père mais Il s'est humilié pour se rendre obéissant à son Père (Philippiens 2/6-8). C'est un formidable exemple d'une vie d'équipe divine qui a véritablement compris le schéma de la cellule. Il y a là une cellule divine, deux ou trois… Et le Saint Esprit est soumis au Fils, puisque Jésus parle du Saint Esprit, qui nous a été envoyé par Lui comme de Celui auquel Il confiera beaucoup pour nous. Tant de choses à apprendre sur le modèle de la Trinité, notamment pour ce qui est de la cellule devant devenir une Église où que ce soit ici-bas, et plus particulièrement dans la perspective d'une nouvelle Église à Vincennes. Il nous faut donc prier de toutes nos forces à cet égard, afin que Dieu réalise ses desseins, tous ses desseins mais rien que ses desseins.

Je vous remercie de votre attention.

Que Dieu nous bénisse dans la suite de ce culte.

Amen !